20 septembre 2014 sur le stade de Pouvourville
Le plus grand studio photo du monde

Performance entre 20h et 22h30 avec participation du public. Transporter des objets encombrants et les poser au centre du stade pour une prise de vue photographique.
Ont été photographiés: un prètre lisant un texte d'introduction à la soirée, puis lors d'un rituel de bénédiction, un duo trombonne - voix (Henry Herteman - Carl Hurtin), 5 canoës, 2 canoës avec une guirlande multicolore de 40m, une banderolle NON, une vache noire, une porte entr'ouverte, 4 motards sur leurs motos phares allumés, le public réuni dans le rond central, 4 tentes de camping, des tapis, des bains de soleil vides, puis avec des gens allongés, le cheval d'or et pour finir un feu d'artifice or et argent.


Photo Alizée Tulli pour Lieu Commun

Introduction

Dans ce projet de Carl Hurtin, la performance est la construction d’un dispositif de prise de vue dans le but de fabriquer des images et la proposition artistique couvre l’entièreté du processus : l’appel à objets, la participation du public à l’installation, toutes les interventions, les manipulations diverses, la nacelle sur laquelle se trouve le photographe, le stade de foot, l’éclairage, etc.
Les objets présentés sont très différents les uns des autres de forme et de nature.
Le rituel de bénédiction est ici l’image d’un échange duel et d’une collaboration. Le prêtre partage l’idée du tandem et de la résidence comme facteur de lien social, de collaboration entre individus et de partage des cultures. Il s’en approprie l’idée et l’intègre dans sa croyance. L’artiste s’approprie un rituel particulier et le déplace dans son champ de recherche autour d’une esthétique du rassemblement et d’une expérimentation des limites. La bénédiction est un geste symbolique dont l’action transforme l’objet du point de vue de celui qui y croit, ce qui la rapproche du geste artistique. La bénédiction est aussi littéralement le fait de dire du bien, ce qui la rapproche du commentaire critique.
Je voulais que s’y produise de la musique. Dans tout rituel, la musique est convoquée. L’enjeu ici est aussi l’improvisation à la fois de la musique, du chant, mais aussi d’une rencontre. Une résidence d’artiste est l’improvisation, l’expérimentation d’une rencontre. 
Les objets proposés sont issus d’un appel à objets mais pour le plus grand nombre d’une demande de la part de l‘artiste. Les objets ne sont pas beau en soi mais beau ici parce qu’un processus ritualisé les sacralise, qu’un lieu, le stade alors transfonctionnel, les expose, les présente.
Le cheval d’or est une fiction écrite en 7 épisodes. Elle voulait travailler la mémoire du lieu et créer une image fantasmatique. Lorsque le cheval apparaitra, l’image mentale disparaitra pour laisser la place au souvenir d’une réalité.
L’ensemble de cette performance, qui équivaut à une fraction « objet sur stade », est à la fois iconoclaste et iconophile.

Carl Hurtin

Septembre 2014

Texte lu en préambule par l’abbé Gibson Bangu.



Résidence
Avril-mai 2014
Sélectionné pour une résidence à l'agence Dauphins Architecture, Bordeaux.

http://www.dauphins-architecture.com/actualites/